Hypnose et Douleur. Prise en charge de la douleur en hypnose.

Hypnose et Douleur. Prise en charge de la douleur en hypnose.

Prise en charge de la douleur en hypnose. Transcription de séance

Comment j’aborde une séance d’hypnose pour la prise en charge de la douleur en hypnose avec un client, vous trouverez ici une description de séance et de mes techniques que j’emploie.

  1. Informer :

Dans cette situation chargée d’attente pour le client, je prends toujours le temps d’expliquer ce qu’est l’hypnose et comment elle agit. Je précise que c’est un mode de fonctionnement, non un état, et que celui-ci va leur permettre justement de mieux fonctionner et de se débarasser de tout ce qui le pollue au quotidien. Je leur parle aussi de leur douleur, et de la façon dont celle-ci s’est installée. Je distingue avec eux le rôle de la douleur « alarme », nécessaire pour signaler un désordre dont il faut s’occuper sans tarder, et l’aspect envahissant d’une douleur chronique qui n’a plus de rôle de protection, mais que l’on pourrait assimiler à un disque rayé répétant la même information et lui faisant ainsi perdre tout sens.

2. Renforcer la motivation

Tout en conservant un ton léger versant volontiers dans l’humour, je suis très attentive à leur donner des exemples concrets des réussites cliniques de l’hypnose : interventions chirurgicales, allergies, asthme, douleurs rebelles,. Je parle de preuves scientifiques grâce à l’imagerie médicale qui permet aujourd’hui de différencier très clairement une personne en hypnose d’une autre qui ne l’est pas, l’activité cérébrale étant différente. J’insiste bien entendu sur le fait qu’ils ne seront en aucun cas passifs durant la séance, mais bel et bien acteurs : ils ne vont pas dormir mais travailler de la façon la plus confortable qui soit. Tout cela permet de renforcer la motivation du patient. Il faut qu’il sache que l’hypnose a déjà permis de soigner avec succès des personnes souffrant des mêmes affections leur permet de se projeter dans un tel processus. Cette étape est très importante.

3. Apprentissage du lâcher prise

Lorsque je me trouve en contact avec cette cliente qui souffre atrocement plusieurs fois par jour depuis des années, je comprends combien le lâcher prise lui est étranger. Quoi qu’elle fasse, la question « quand » est présente, je lui propose donc un exercice qui lui permettra de ressentir, aussi bien dans son corps que dans ses émotions, là ou elle se situe au niveau de son lâcher prise.

Je ne sais absolument pas comment elle va réagir et construis tout au fur et à mesure, en fonction des réponses, verbales ou non, je veux l’amener à formuler les choses et à les ressentir. La douleur a souvent tendance à couper les patients de leur corps sain, leur corps qui va bien. Cet exercice est une première reconnexion qui lui permet d’ailleurs de dire que c’est plus confortable quand ce n’est pas elle qui fait l’effort.

La technique que j’ai utilisée, soulever alternativement la main droite et la main gauche par le poignet , est intéressante à plusieurs titres. Elle permet d’évaluer le niveau de résistance du patient  et de lui en faire prendre conscience. Certains clients, lorsqu’on soulève la main la maintiennent en l’air  ; d’autres ne peuvent pas s’empêcher  d’accompagner le mouvement en soulevant eux-mêmes la main. Cette technique se révèle très efficace. Le client est complètement absorbé par la sensation. On retrouve de surcroit les bénéfices de la dynamique des mouvements alternatifs.

4. Nommer et faire face à la douleur

Lorsque l’on fait une séance d’hypnose avec ue personne qui souffre, il est primordiale de rester en contact avec sa douleur, de ne pas en avoir peur, il ne faut pas hésiter à la nommer quand elle apprit au détour d’une crispation. Car faire comme si on ne la voyait pas et continuer comme si de rien n’était contribue à lui donner une image d’étrangeté inquiétante.

Chaque fois que je la sens envahie, je le lui dis, c’est une façon de le rassurer et de lui faire savoir que je ne l’abandonne pas.